Schulers Books Online

books - games - software - wallpaper - everything

Bride.Ru

Books Menu

Home
Author Catalog
Title Catalog
Sectioned Catalog

 

- Histoire d'un casse-noisette - 1/27 -


Alexandre Dumas

Histoire d'un casse-noisette

TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACE Où il est expliqué comment l'auteur fut contraint de raconter l'histoire du Casse-Noisette de Nuremberg.

HISTOIRE D'UN CASSE-NOISETTE

Le parrain Drosselmayer

L'arbre de Noël

Le petit homme au manteau de bois

Choses merveilleuses.

La bataille

La maladie

Histoire de la noisette Krakatuk et de la princesse Pirlipate

Comment naquit la princesse Pirlipate, et quelle grande joie cette naissance donna à ses illustres parents.

Comment, malgré toutes les précautions prises par la reine, dame Souriçonne accomplit sa menace à l'endroit de la princesse Pirlipate.

Comment le mécanicien et l'astrologue parcoururent les quatre parties du monde et en découvrirent une cinquième, sans trouver la noisette Krakatuk.

Comment, après avoir trouvé la noisette Krakatuk, le mécanicien et l'astrologue trouvèrent le jeune homme qui devait la casser.

L'oncle et le neveu

La capitale

Le royaume des poupées

Le voyage

Conclusion

L'ÉGOÏSTE

NICOLAS LE PHILOSOPHE

PRÉFACE

Où il est expliqué comment l'auteur fut contraint de raconter l'histoire du Casse-Noisette de Nuremberg.

Il y avait une grande soirée d'enfants chez mon ami le comte de M..., et j'avais contribué, pour ma part, à grossir la bruyante et joyeuse réunion en y conduisant ma fille.

Il est vrai qu'au bout d'une demi-heure, pendant laquelle j'avais paternellement assisté à quatre ou cinq parties successives de colin-maillard, de main chaude et de toilette de madame, la tête tant soit peu brisée du sabbat que faisaient une vingtaine de charmants petits démons de huit à dix ans, lesquels criaient qui mieux mieux, je m'esquivais du salon et me mettais à la recherche de certain boudoir de ma connaissance, bien sourd et bien retiré, dans lequel je comptais reprendre tout doucement le fil de mes idées interrompues.

J'avais opéré ma retraite avec autant d'adresse que de bonheur, me soustrayant non-seulement aux regards des jeunes invités, ce qui n'était pas bien difficile, vu la grande attention qu'ils donnaient à leurs jeux, mais encore à ceux des parents, ce qui était une bien autre affaire. J'avais atteint le boudoir tant désiré, lorsque je m'aperçus, en y entrant, qu'il était momentanément transformé en réfectoire, et que des buffets gigantesques y étaient dressés tout chargés de pâtisseries et de rafraîchissements. Or, comme ces préparatifs gastronomiques m'étaient une nouvelle garantie que je ne serais pas dérang avant l'heure du souper, puisque le susdit boudoir était réserv à la collation, j'avisai un énorme fauteuil à la Voltaire, une véritable bergère Louis XV à dossier rembourré et à bras arrondis, une paresseuse comme on dit en Italie, ce pays des véritables paresseux, et je m'y accommodai voluptueusement, tout ravi à cette idée que j'allais passer une heure seul en tête-à-tête avec mes pensées, chose si précieuse au milieu de ce tourbillon dans lequel, nous autres vassaux du public, nous sommes incessamment entraînés.

Aussi, soit fatigue, soit manque d'habitude, soit résultat d'un bien-être si rare, au bout de dix minutes de méditation, j'étais profondément endormi.

Je ne sais depuis combien de temps j'avais perdu le sentiment de ce qui se passait autour de moi, lorsque tout à coup je fus tir de mon sommeil par de bruyants éclats de rire. J'ouvris de grands yeux hagards qui ne virent au-dessus d'eux qu'un charmant plafond de Boucher, tout semé d'Amours et de colombes, et j'essayai de me lever; mais l'effort fut infructueux, j'étais attaché à mon fauteuil avec non moins de solidité que l'était Gulliver sur le rivage de Lilliput.

Je compris à l'instant même le désavantage de ma position; j'avais été surpris sur le territoire ennemi, et j'étais prisonnier de guerre.

Ce qu'il y avait de mieux à faire dans ma situation, c'était d'en prendre bravement mon parti et de traiter à l'amiable de ma liberté.

Ma première proposition fut de conduire le lendemain mes vainqueurs chez Félix, et de mettre toute sa boutique à leur disposition. Malheureusement le moment était mal choisi, je parlais à un auditoire qui m'écoutait la bouche bourrée de babas et les mains pleines de petit pâtés.

Ma proposition fut donc honteusement repoussée.

J'offris de réunir le lendemain toute l'honorable société dans un jardin au choix, et d'y tirer un feu d'artifice composé d'un nombre de soleils et de chandelles romaines qui serait fixé par les spectateurs eux-mêmes.

Cette offre eut assez de succès près des petits garçons; mais les petites filles s'y opposèrent formellement, déclarant qu'elles avaient horriblement peur des feux d'artifice, que leurs nerfs ne pouvaient supporter le bruit des pétards, et que l'odeur de la poudre les incommodait.

J'allais ouvrir un troisième avis, lorsque j'entendis une petite voix flûtée qui glissait tout bas à l'oreille de ses compagnes ces mots qui me firent frémir:

--Dites à papa, qui fait des histoires, de nous raconter un joli conte.

Je voulus protester; mais à l'instant même ma voix fut couverte par ces cris:

--Ah! oui, un conte, un joli conte; nous voulons un conte.

--Mais, mes enfants, criai-je de toutes mes forces, vous me demandez la chose la plus difficile qu'il y ait au monde! un conte! comme vous y allez. Demandez-moi l'_Iliade_, demandez-moi l'_Énéide_, demandez-moi la _Jérusalem délivrée_, et je passerai encore par là; mais un conte! Peste! Perrault est un bien autre homme qu'Homère, que Virgile et que le Tasse, et le _Petit Poucet_ une création bien autrement originale qu'Achille, Turnus ou Renaud.

--Nous ne voulons point de poème épique, crièrent les enfants tout d'une voix, nous voulons un conte!

--Mes chers enfants, si...

--Il n'y a pas de si; nous voulons un conte!

--Mais, mes petits amis...

--Il n'y a pas de mais; nous voulons un conte! nous voulons un conte! nous voulons un conte! reprirent en choeur toutes les voix, avec un accent qui n'admettait pas de réplique.

--Eh bien, donc, repris-je en soupirant, va pour un conte.

--Ah! c'est bien heureux! dirent mes persécuteurs.

--Mais je vous préviens d'une chose, c'est que le conte que je vais vous raconter n'est pas de moi.

--Qu'est-ce que cela nous fait, pouvu qu'il nous amuse?

J'avoue que je fus un peu humilié du peu d'insistance que mettait mon auditoire à avoir une oeuvre originale.

--Et de qui est-il, votre conte, Monsieur! dit une petite voix appartenant sans doute à une organisation plus curieuse que les autres.

--Il est d'Hoffmann, Mademoiselle. Connaissez-vous Hoffmann?


Histoire d'un casse-noisette - 1/27

    Next Page

  1    2    3    4    5    6   10   20   27 

Schulers Books Home



 Games Menu

Home
Balls
Battleship
Buzzy
Dice Poker
Memory
Mine
Peg
Poker
Tetris
Tic Tac Toe

Google
 
Web schulers.com
 

Schulers Books Online

books - games - software - wallpaper - everything